Camille Bigeault

Camille Bigeault

Où l’on sublime le rythme…

Elle vit de passions. Elle en a plusieurs, mais, on va le voir, aucune n’est plus forte que la musique.

Elle aurait pu embrasser une carrière auprès des animaux, qu’elle adore. Surtout les chevaux, dont elle a partagé, avec bonheur, le quotidien pendant huit ans…

Mais non. Au final, ce sera la musique qui l’entraînera.. sur une belle voie. Et ça, c’est bon pour nous aussi, qui pouvons, à présent, profiter aussi de son talent…

Itinéraires 26 : « Camille, ta ville de naissance aurait pu orienter ton style musical… »

Camille Bigeault : « C’est vrai que la ville de Toulouse a déjà généré de très chouettes musiciens, dans le jazz, notamment… Mais non, ce n’est pas le cas. Et puis, je n’y vis plus aujourd’hui. Toulouse, c’est une ville que j’ai quittée alors que j’avais vingt-quatre ans…

Aujourd’hui ? Je suis à Paris depuis huit ans maintenant, où je vis pleinement de ma musique.

Mais si on remonte à ma genèse, ma voie aurait pu être totalement différente. Jusque vers mes treize ans environ, j’avais envie d’un métier au contact des animaux.. et notamment des chevaux, bien sûr. Je voulais travailler dans un ranch, ou quelque chose comme ça.

À côté de ça, j’avais une maman percussionniste. Et, bien sûr, elle a tenté de m’enseigner son art, mais je t’avoues que je n’ai pas vraiment accroché. En revanche, cela m’aura transmis le « sens du rythme », et ce sera une période dans laquelle je vais découvrir des tas de styles musicaux différents… et en particulier le jazz-fusion, et la salsa.

Par contre, lorsque, vers mes douze ans, je vais entrer en classe de 6e, je vais découvrir, dans la classe de musique, une batterie. Et un jour, notre professeure a demandé « qui » voulait s’essayer sur cet instrument, en vue d’une participation au spectacle de fin d’année.

Je me suis lancée. Et ça a été tout de suite très fluide. Mais je pense que j’avais vraiment le rythme en moi.

Au spectacle de fin d’année, j’étais sur la scène. À la batterie. »

It. 26 : « La passion était née ? »

C.B. : « Pas encore vraiment. À partir de ce moment-là, j’ai eu une batterie, oui. Mais entre douze et quatorze ans, c’était juste une « petite » passion.

Et puis, à quatorze ans, je vais entrer dans une phase plus « rock », au travers de l’écoute de plusieurs groupes, dont je me passais et repassais les morceaux, en les accompagnant sur ma batterie.

Premier studio de batterie, à Paris

Et puis un jour, je visionne un D.V.D du groupe Placebo, « Soulmates never die ». Là, j’ai eu un vrai déclic. Voilà ce que je voulais faire : être batteuse, et sur scène.

Je peux te dire qu’à partir de cet instant-là, mon rythme de travail, d’apprentissage, sur la batterie va changer. Je travaillais désormais au moins deux heures par jour sur mon instrument.

Et puis, j’ai pris des cours. Des cours que me donnait Thierry Bordier – un ami de ma mère – qui enseignait à l’École de Musique de la ville de L’Union.

Je resterai deux ans dans la classe de Thierry, jusqu’à mes seize ans. Et puis, je vais entrer au Conservatoire, au C.N.R de Toulouse, en classe de batterie.

Jam des « Petites Écuries », à Paris

Dans ce Conservatoire, la classe de batterie et la classe de percussions étaient bien distinctes. Et ça, c’était génial.

Pendant les cinq ans que je ferai là, mon professeur aura été José Fillatreau, un super prof, super pédagogue, super batteur lui-même aussi… qui m’aura énormément apporté.

Et dire que j’avais, dans ma tête, une image assez « vieillotte » des Conservatoires. J’avoue que j’ai un peu « traîné des pieds » pour y entrer. Mais mon concours d’entrée s’était remarquablement bien passé : j’avais été reçue « à l’unanimité » et ça, ça te redonne du courage ! 

Très vite, j’ai joué dans plusieurs groupes. Mais ça, c’était mon envie depuis que j’avais quatorze ans »

Drum Show, au Tam Tam Drum Fest, en 2022

It. 26 : « À ce moment-là, tu ne vivais plus QUE pour la musique ? »

C.B. : « Oui et non… Parce qu’en parallèle du Conservatoire, je continuais ma route scolaire normale, au lycée de Saint-Sernin. Mais avec option musique, bien sûr.

J’ai passé mon Bac normalement, et puis je me suis lancée ensuite dans une licence « Musicologie Jazz » à la Faculté du Mirail, aujourd’hui rebaptisée Faculté Jean Jaurès.

Je n’ai pourtant jamais été très fan de jazz, mais, là encore, cela m’aura ouvert les portes vers de nombreux autres styles de musiques.

Ma licence en poche, je vais continuer à collaborer avec diverses formations, principalement de jazz-fusion, ou de rock-fusion.

Ça va être aussi l’époque où je vais aller m’installer à Vallauris, dans le département des Alpes-Maritimes.

Là-bas, je vais intégrer un « Tribute à Genesis », ce qui m’aura permis, au passage, d’entrer de plain-pied dans le monde du rock progressif.

Dans cette aventure, on faisait quatre ou cinq concerts par an, et ça aura duré trois ans.

Trois ans pendant lesquels je ne faisais pas que ça. J’avais d’autres groupes, à côté.

Et c’est à cette époque-là, pourtant un peu compliquée pour moi, que je vais commencer à explorer les « polyrythmies », le domaine pour lequel je suis surtout connue aujourd’hui. »

Porto Drum Show, en 2024

It. 26 : « Qu’entends-tu par « compliquée » ?

C.B. : « Tout simplement qu’entrer vraiment dans le monde de la musique m’était très difficile. Aucune porte ne s’ouvrait. Mais, dans mon « malheur », j’ai eu quand même une chance : sur Vallauris, grâce à des amis, j’avais à ma disposition un studio, un vrai studio, dans lequel j’avais pu installer ma batterie.

Ce « luxe » m’a fait « lâcher prise », et permis de me concentrer sur ce que je maîtrisais déjà. Me concentrer sur le jeu pur.

De là, me sont venues des idées. Des idées que j’ai peaufinées, réalisées, et dont j’ai commencé à poster les résultats sur un réseau social bien connu.

Et il se trouve qu’assez rapidement, mes vidéos ont été vues un très grand nombre de fois, ce qui m’a amené quelques belles propositions de travail, et m’aura mis véritablement le pied à l’étrier.

Et je vais te citer, bien sûr, ma participation à l’Opéra Rock « Le Rouge et le Noir », au  Palace, à Paris. Avec ce projet, j’ai pu faire 85 dates en cinq mois ! Ça a été ma première vraie grosse production.

À partir de là, les master-classes se sont enchaînées, j’ai évidemment poursuivi mon travail via mes vidéos, et je faisais aussi des démos de batterie.

Tout ça c’était en 2016.

Et en 2017, le grand départ… »

It. 26 : « C’est-à-dire ? »

C.B. : « C’est-à-dire que je pars m’installer dans la Capitale. Avec de l’enthousiasme, et un peu d’appréhension aussi ! Je me suis installée dans le 18e arrondissement, j’y suis encore, et j’y suis très bien !

À Paris, tu l’imagines, je vais avoir l’opportunité de passer quelques auditions, et je vais être retenue sur certains beaux projets, dont celui avec Jenifer, avec qui je ferai la tournée de 2019.

En tournée avec Jenifer, en 2019

Je vais auditionner aussi pour une collaboration avec P.V.Nova – et au final on fera un groupe ensemble, et plusieurs autres, notamment notamment avec des streamers de Twitch, des collaborations toutes aussi passionnantes les unes que les autres.

J’ai aussi fait, jusqu’à aujourd’hui, pas mal d’orchestres pour des soirées privées.

Depuis 9 ans maintenant, j’ai mon statut d’intermittente. J’ai évolué encore dans mon travail en faisant des vidéos pédagogiques sur des sites internationaux ( comme Drumeo ), en anglais.

Des vidéos évidemment en rapport avec le domaine des polyrythmies, un domaine que, si tu le veux, nous pourrons aborder plus en profondeur une autre fois.

Dans ces vidéos, je démontre l’utilité musicale de ce concept hyper créatif.

Et puis j’ai fait aussi, pendant ces huit dernières années, beaucoup de festivals de batterie, un peu partout en Europe. J’ai eu ainsi l’opportunité de présenter mes créations devant de chouettes parterres de batteurs ! »

It. 26 : « Et tu ne te limites pas qu’à la batterie… »

C.B. : « Oui, c’est vrai. Mais je dois dire que, depuis mes quinze ans déjà, je composais mes chansons, en m’accompagnant – de manière totalement autodidacte, pour le coup – à la guitare. Je chante, et j’aime chanter.

D’ailleurs, depuis 2022, je mets de plus en plus en exergue ce côté chanté. Et je vais te citer un de mes titres, « Dancing in the flood », pour lequel non seulement je suis à la batterie, mais je suis aussi la  voix lead .

Drum Channel, à Los Angeles, en 2024

Et j’ai avec moi un « backing track » de voix que j’ai enregistrées, et qui font les chœurs.

Tu vois, aujourd’hui, ma route concilie le chant, la composition et la batterie.

Je travaille actuellement sur de nouvelles compos de batterie, en assurant cette voix lead.

J’ai aussi  dans mon sac  plein d’autres compositions « guitare / voix », très « folk-prog », que j’ai commencé à jouer, en duo avec Axel Thomas, qui est, lui aussi, guitariste et batteur.

Ensemble, nous avons créé le duo  » Nowhere « , que tu peux entendre aussi comme « Now Here ».

J’ai eu, sur ma route, l’opportunité de faire de belles collaborations, je te l’ai dit. Je voudrais citer notamment celle avec Maë Defays, une chanteuse à la voix magnifique, très soul.

Et puis, en 2020, un petit virus – baptisé Covid-19 – me donnera la possibilité ( en me donnant du temps, tout simplement ) d’écrire MA méthode de batterie, sur les polyrythmies.

Méthode que tu peux retrouver sur mon site perso ( www.camillebigeault.com ).

Ce à quoi j’aspire, aujourd’hui ? Vivre vraiment de ma musique, bien sûr, de mes compositions – j’en ai toute une série en attente – et, pour ça, souhaite moi de rencontrer les bonnes personnes pour que cette envie devienne réalité !… »

Propos recueillis le lundi 08 septembre 2025

Camille est une artiste incroyable… Une fois entrés dans son univers, qu’elle maîtrise à la perfection, on ne peut y rester insensibles.

La technicité et la créativité se mêlent, chez elle, dans une totale harmonie, et ça fait beaucoup de bien.

Merci, Camille, de ton accueil. Tu seras toujours la bienvenue sur itineraires26.com.

Crédits photos : Keivane Fadavi – Léo Fauvreau – Lara Herbinia – Pepo Herrera – Pierre Dugowson – Pixeline Photographie – Rui Bandeira Fotografia – Antoine Fadavi.

Pour retrouver Camille et son univers, quelques liens :

Enjoy !…

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