Marine BRUGUIER

Marine BRUGUIER

Quand un sandwich peut être sublime…

Itineraires26.com va, de plus en plus, emprunter des voies culinaires. En compagnie de professionnels, bien sûr, mais en compagnie aussi, et surtout, de tout un chacun.

Car c’est bien en chacun de nous que se trouvent les astuces, les techniques propres.. qui peuvent s’avérer autant de découvertes pour les autres.

Pour commencer cette nouvelle aventure, c’est une Cheffe, installée sur Montélimar, qui nous a ouvert ses portes. Marine BRUGUIER, depuis le mois de juin 2025, a ouvert, au n°26 de la place des Clercs à Montélimar, son espace de restauration, « Mon p’tit sandwich ».

« Encore une sandwicherie ? » pourrait-on se dire… Pas tout à fait. Car, chez Marine, on est un cran au-dessus de cette simple appellation. Si, chez elle, les sandwiches, on les trouve bien, c’est leur contenu qui va changer radicalement de ce que l’on peut trouver entre deux tranches de pain habituellement.

Une qualité, et des préparations, bien supérieures à la moyenne…

Un espace où il fait bon entrer…

Itineraires26 : « Marine, t’es tu destinée à ce style de commerce rapidement ? »

Marine Bruguier : « Assez tôt, oui, mais de façon.. je dirais.. indirecte. Originaire de Bagnols-sur-Cèze, je suis arrivée à Montélimar dans l’année de mes seize ans.

J’étais scolarisée au Lycée Alain Borne. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à cette époque-là, déjà, j’avais mon appartement. Et cet appartement, il me fallait bien l’assurer. Alors j’ai cherché un travail, et ce travail, je l’ai trouvé dans une pizzeria de Montélimar, « La Braise », où j’ai commencé par… faire la plonge.

Mais ça n’a pas duré, car j’ai vite évolué ( je précise que j’y resterai huit ans ) : j’ai pu me former à la pâtisserie – les basiques, bien sûr – et puis je suis passée « commis de cuisine » – le poste dédié au froid – et, par la suite, je suis passée « second », un poste assurant toute la gestion des apprentis, des stocks… ainsi que le poste dédié au « chaud » quand le Chef était absent.

J’ai eu la chance, dès mes premières années de travail, de collaborer avec le Chef Alexandre Sétian, qui a su me transmettre la passion culinaire, mais aussi et surtout toute la rigueur nécessaire pour travailler dans ce milieu… »

It.26 : « Ta famille t’a t-elle encouragée ? »

M.B. : « Disons que, avant ce début de vie professionnelle, j’avais souvent « assisté » ma grand-mère paternelle, Francine, et je reconnais que, encore aujourd’hui, beaucoup de mon inspiration émane d’elle. Oui, elle m’a donné le goût de « me mettre aux fourneaux » mais plus encore que ça, elle aura développé, chez moi, « le palais ». Et ça, c’est inestimable…

Je continue mon parcours… J’ai quitté la pizzeria « La Braise » parce que les patrons du restaurant « Le Moderne » – toujours à Montélimar – sont venus me chercher – me débaucher – en me proposant mon premier poste de Cheffe.

C’était, pour moi, une opportunité à ne pas laisser passer.

J’ai donc quitté la pizzeria pour tenter cette nouvelle aventure avec eux. Une aventure dans laquelle, je dois le dire, je me suis sentie tout de suite à ma place.

À leurs côtés, j’ai pu mesurer une évolution certaine quant à la cuisine qui était proposée, quant aux producteurs à qui nous avions à faire.. et puis, c’était une toute autre clientèle.

En cuisine, nous n’étions que deux. Je travaillais avec Quentin, que je côtoyais déjà à « La Braise » où il était apprenti, et qui là était passé commis…

Cette expérience aura duré trois ans. Trois années pendant lesquelles – c’est ce qui m‘a été rapporté – j’ai pu « asseoir » une réputation sur la ville.

En 2015, je prends une année sabbatique. D’abord, pour m’occuper de mon fils Maddys.. et puis parce que j’avais dans l’idée, depuis quelques temps, de passer à un échelon supérieur : ouvrir mon propre restaurant… »

La banque réfrigérée recèle aussi ses merveilles…

It. 26 : « Comment le voyais-tu, à ce moment-là ? »

M.B. « Ce qui m’est venu en premier, c’était un concept « bistrot », dans lequel je voulais proposer des recettes traditionnelles, des recettes « de grand-mère », du bœuf en daube à la blanquette de veau, des œufs mimosa au tiramisu…

Le concept, il n’a pas été long à s’affirmer. Il me manquait un nom.. et un lieu.

Dans la rue Cuiraterie, existait le « Bistrot Canaille ». Ce bistrot était à la vente, ses propriétaires devant repartir sur la ville de Lyon. J’avoue que j’ai eu, pour ce lieu, un très gros coup de cœur…

Un de mes amis, Philippe Lanfray, a été là pour m’aider à « réaliser mon rêve ». J’ai pu, en effet, m’installer dans ces locaux où j’allais, enfin, pouvoir mettre en place ma propre cuisine.

Et les fées devaient avoir une attention toute particulière sur ce berceau car je dois dire que ça a marché tout de suite. J’ai très vite affiché « complet » midi et soir, et, les week-ends, j’avais une semaine d’attente.

Un succès qui est allé crescendo… jusqu’à l’arrivée de la Covid…

It. 26 : « Ça a été fatal, pour toi ? »

M.B. : « Fatal.. je n’irai pas jusque là mais en tout cas, comme tous les commerces à ce époque, j’ai connu une période TRÈS difficile. Une période qui a duré jusqu’à l’été 2021, où certains aménagements avaient été mis en place, des aménagements draconiens, mais qui nous permettaient, au moins, de travailler.

En revanche, côté personnel, de quatre que nous étions avant l’arrivée du virus, je me suis retrouvée toute seule, en salle et en cuisine !

Mais la situation économique l’imposait…

Pendant l’hiver 2021, j’ai appris que le restaurant « La Papillote », situé sur la place du Temple de Montélimar, était, lui aussi, à vendre.

Être plus proche du centre-ville.. ça me tentait. En même temps, il me fallait tout reprendre le travail commercial à zéro.. Mais je suis toujours allée de l’avant…

Lorsque je travaillais au « Bistrot Canaille » de la rue Cuiraterie, j’avais mis en place un.. évènement, peut-on dire, que j’avais baptisé « La Conviviale » : une fois par mois, je dressais une grande table pour une trentaine de personnes. Il y avait un menu unique, et un vin tout à fait adapté à ce menu.. Ces jours-là, tout le monde mangeait ensemble, que les personnes viennent seules ou accompagnées. Les gens avaient bien adhéré à cette idée… mais malheureusement, la Covid a bien cassé tout ça aussi.. »

It. 26 : « Comment l’expliques-tu ? »

M.B. : « Que te répondre ?… Je crois sincèrement que ce virus a surtout cassé des habitudes que les gens avaient depuis des années. Après des mois et des mois de maintien forcé à domicile, les gens ont recommencé à sortir, mais moins souvent et en plus, comme ils avaient été « assignés à résidence » trop longtemps, beaucoup sortaient carrément de Montélimar…

Marine et son fils Maddys, un duo « fort »…

Bref… face à ce constat, j’ai voulu « me réinventer ». J’ai commencé à développer ma cuisine traditionnelle en version « plats partagés ». Je t’explique : du côté de la qualité recherchée, mes plats restaient les mêmes, mais je les avais simplement « repensés » en portions individuelles, que j’avais un peu imaginées comme des tapas, si tu veux.. Un concept qui, là encore, a vite fait ses preuves. Il a énormément plu.

Mais malgré ça, je me rendais compte que les habitudes alimentaires s’étaient modifiées.

En novembre 2021, je « ferme » mon « Bistrot Canaille » de la rue Cuiraterie pour me consacrer à la préparation de l’ouverture de celui de la place du Temple.

Pour lequel j’avais gardé le même nom.

Mais ce restaurant, au final, je ne l’ai gardé, en gros, qu’une année. Et puis j’ai décidé de le fermer.. et je précise bien, de ma propre initiative.

J’étais très triste de fermer. Pourquoi ? Parce que je ne m’étais pas battue comme ça pour en arriver là. Parce qu’au contraire, j’avais eu l’intention de « décliner » cette appellation de « Canaille » en plusieurs entités, chacune gardant sa spécificité, sous la même identité…. »

It. 26 : « Comment as-tu rebondi ? »

M.B. : « Je me suis engagée aux « Négociants » – une brasserie très connue sur Montélimar. Là, à nouveau, j’ai pu occuper toute une batterie de postes divers. Cette « parenthèse », qui devait initialement durer six mois, durera une année complète. Mais une autre envie me tenaillait…

Dès la fermeture du « Bistrot Canaille », je savais déjà que je souhaitais me diriger vers le « street-food », mais sans pour autant changer d’identité ! Cette idée a mûri en moi pendant toute cette année passée aux « Négociants » : entrer dans « l’air du temps » tout en gardant « ma patte » – c’est à dire en proposant toujours une cuisine élaborée et de qualité – au sein d’un tout nouvel établissement…

J’ai mis un an, pour passer de la théorie à la pratique. Et mon espace, je l’ai baptisé tout simplement « Mon p’tit sandwich ».

Lorsque nous avons commencé, je faisais toutes mes préparations à mon domicile ! Michel, mon compagnon, qui est informaticien, avait créé le site afférent à notre activité, sur lequel les clients pouvaient commander en ligne.

Et nous, nous livrions…

Mais ce système a très vite montré ses limites. Nous donnant donc très vite aussi la certitude que nous devions avoir un espace dédié. Dans l’intervalle, j’apprenais que le magasin de dorure qu’occupait Noël Sévenier, place de Clercs, allait se libérer.

De plus, les travaux de réfection de cette place des Clercs, engagés par la Ville, allaient bientôt prendre fin. Et puis aussi, j’étais à cette période, enceinte, de sept mois, de mon deuxième fils, Malone.

Il a fallu se décider vite. Et c’est ce que nous avons fait. En mai 2025, nous prenions possession des locaux et début juin, après un bon rafraîchissement intérieur, nous ouvrions… »

Dans le sandwich thaï, ici, la menthe fraîche est visible. Mais le reste.. le meilleur… vous le découvrirez en venant le déguster…

It. 26 : « Que proposais-tu, d’entrée ? »

M.B. : « Avec une ouverture au mois de juin, j’ai voulu tout de suite proposer une « carte d’été »… une idée qui a bien fait son chemin puisque « Mon p’tit sandwich » propose aujourd’hui une carte différente par saison. Mon plan de travail ? Il est bien défini. Pour chaque élaboration de carte, j’envisage les fruits et les légumes que la saison peut me fournir.. je me replonge dans mes « recettes traditionnelles » mais pour en recréer d’autres, inédites : j’ai ainsi adapté, dans mes sandwiches, nombre de recettes que je proposais au « Bistrot Canaille », en assiette.

Dans chacune de mes cartes, tu vas trouver dix propositions : d’abord, cinq sandwiches à base de baguette traditionnelle française, évidemment locale, puis quatre à base de pain viennois brioché… quant au dixième, eh bien c’est un wrap.

En plus, et pendant toute l’année, tu trouves aussi une tarte salée « maison », qui change, bien sûr.

Et ce n’est pas tout. TU as aussi la possibilité de t’offrir une salade – à choix multiples – pendant les saisons de printemps et d’été, et une soupe ( qui change aussi très souvent ) pour les périodes d’automne et d’hiver.

Et pour le dessert… il y en a trois aussi. Deux changent assez fréquemment, mais le troisième.. c’est mon cheesecake. Dont je ne te dirai rien quant à sa composition, mais sache qu’il rencontre beaucoup de succès, à tel point que certains clients viennent me le commander entier !

Je pense qu’il mérite d’être proposé à la carte toute l’année…

Quant à mes approvisionnements… je privilégie toujours les circuits les plus courts possibles. Par exemple, je travaille beaucoup avec un fournisseur de fruits et de légues extra frais, installé dans le centre ville, à deux pas de mon espace. Le boulanger qui m’approvisionne en pain a sa boulangerie à 200 mètres d’ici…

C’est un process que je continuerai à développer… »

It. 26 : « Marine, que te souhaites-tu, pour demain ? »

M.B. : « C’est vrai qu’une nouvelle idée me trotte dans la tête, depuis quelques temps. Je voudrais – dans la mesure du possible – me lancer dans un concept de « food-truck » que j’aimerais, dans un premier temps, installer à date et à heures fixes.

Dans un endroit bien déterminé, où je pourrai me faire connaître, et toucher surtout une clientèle différente de celle que j’ai ici, au centre-ville.

Mais ce projet doit encore mûrir, et se construire. Je veux, en tout cas, une activité « qui débite ». Parce que ça convient très bien à ma façon de fonctionner, de travailler.

J’ai bien sûr des pistes déjà en chantier, pour ce nouveau projet, mais, si tu veux bien, je ne vais pas t’en parler maintenant. En revanche, ce sera peut-être une occasion pour nous revoir prochainement…. »

Contact au : 06 64 95 68 47 ou sur : contact@monptitsandwich.fr

Propos recueillis le mercredi 29 avril 2026.

Il est bien évident que, sans parti pris aucun, nous avons testé, à deux reprises, les produits que Marine propose à sa carte.

Les deux expériences ont été plus que concluantes, et nous ont ravi.

Marine BRUGUIER a, en effet, une « patte » plus que recommandable, qui sait sublimer le sandwich, dans toutes ses versions.

On ne peut donc que recommander cet espace, où le sourire de Marine achèvera de vous convaincre…

Bien évidemment, nous serons à ses côtés pour son évolution.

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