Dany Desnoyer

Dany Desnoyer

Histoires à mettre entre toutes les mains….

Ecrire a toujours fait partie d’elle. Un exutoire ? Peut-être. Depuis quelques mois, son premier recueil est disponible, « Histoires courtes pas ordinaires », des histoires qui – c’est le moins qu’on puisse dire – ne laissent pas indifférent…

Itinéraires 26 : « Dany, on sent l’écriture bien ancrée en vous. Est-ce le cas ? »

Dany Desnoyer : « Je crois qu’on peut dire ça, oui… Un petit mot de présentation, si vous voulez… Je suis née à Lens, dans le Pas-de-Calais, née de parents que je qualifierais de « pigeons voyageurs »… Mais j’ai gardé plus de souvenirs de notre arrivée à Paris – alors que j’ai six ans. J’y ai « vécu » les évènements de mai 1968, et ça reste pour moi un souvenir très fort…

Du côté professionnel, mes « envies » ont commencé tôt aussi. Mon père était tailleur, et ma mère vendait des tissus dans un magasin de la chaîne Herbaut – Denneulin, la fameuse chaîne, née à Tourcoing. Ces magasins étaient très courus, et nombre de personnalités du show-business venaient s’y servir…

Et moi ? J’étais fascinée par les petits magazines de mode que je feuilletais, et ma toute première idée, mon rêve de petite fille sera de pouvoir créer à mon tour des vêtements.

Mais je dois reconnaître que nos parents – qui se préoccupaient surtout de leur parcours propre – ne nous ont pas apporté, ni à ma sœur, ni à moi-même, toute l’écoute et l’attention qu’on aurait pu attendre..

J’ai donc dû évoluer dans « mon » monde…

It : « Quel était-il ? »

D.D. : « J’ai commencé à m’inventer des histoires, dans ma tête, dans un premier temps. Ces histoires, je les racontais à ma petite sœur Cathy et ensuite – et même assez rapidement – je les ai couchées sur papier.

Mais cela va commencer avec des poèmes…

J’écrivais beaucoup.. Je dessinais aussi beaucoup, ce que je continue à faire, du reste.. Mais dans ma tête, cela restait une passion. Je n’imaginais pas en faire un métier..

Plus tard, j’ai passé un Bac littéraire, et puis j’ai tenté plusieurs voies – Fac de Lettres, Fac de Droit… Mais l’envie de travailler était forte. Alors – et je suis à Clermont-Ferrand à ce moment-là, je vais entrer à l’Ecole Pigier, une école qui avait un très bon rayonnement et une très bonne réputation, et qui m’aura beaucoup apporté..

Et je dois dire aussi que, dans le même temps, j’avais rencontré Didier, qui allait devenir mon mari. C’était sur les bancs de la faculté de droit. Didier deviendra avocat..

A la fin de mon école, je passerai mon B.T.S Secrétariat – Direction.

En revanche, du côté de l’écriture, c’était plutôt le néant ! Et cette absence va durer quelques années… même si, malgré tout, elle restera une compagne fidèle, qui viendra taper à ma porte périodiquement… »

It : « Comment vous y remettez-vous vraiment ? »

D.D. : « Je dois dire que je m’y suis remise assez timidement. Et en retrouvant certains de mes écrits que j’avais, pour la plupart, totalement oubliés ! En les relisant, je reconnais que j’éprouvais une certaine forme de fierté, car je m’étonnais d’avoir pu écrire un jour de telles choses…

Vous savez, depuis toujours le choix de mes textes aura été fonction de mon humeur.. et toutes mes histoires ont pour point de départ soit une odeur, soit une sensation…

Pour « Histoires courtes pas ordinaires », j’ai réuni dans un même volume des textes que j’ai écrits sur une période relativement longue. Les plus anciens remontent déjà à plus de dix ans, et les plus récents n’ont que quelques mois.

Ces histoires n’ont aucune relation entre elles. Chacune est autonome. Comment naissent-elles ? Ma foi, je ne sais pas trop.. c’est comme une pelote de laine que je vais dévider, sans savoir jusqu’où cela va me mener. L’histoire peut se construire autour d’un personnage, d’une situation particulière, d’un lieu ou encore, comme je vous l’ai dit, d’une sensation, d’une odeur…

Et ensuite ? Eh bien, en règle générale, en une semaine j’ai terminé mon texte. En tout cas, le premier jet, car j’y reviens, et à chaque fois je le fignole… »

It : « Pouquoi ce format d’histoires courtes ? »

D.D. : « J’aime particulièrement ce « format » parce qu’il me permet d’aller très vite à l’essentiel. J’avoue que je ne suis pas très friande des longues descriptions à la Balzac, par exemple. Ce qui m’intéresse beaucoup plus, c’est la relation des sensations, de l’état d’âme de mon personnage principal, qui peut être masculin comme féminin.

Quant à « l’univers » de mes nouvelles… je dirais qu’on n’est pas dans le monde du surnaturel, même si on n’en est pas très éloignés. C’est parfois mystique, parfois non..

J’aime aussi beaucoup « appuyer là où ça fait mal », comprenez par là que j’aime dénoncer les mauvais sentiments, ou les mauvais « états d’être »… »

It : « Un autre ouvrage est-il déjà en chantier ? »

D.D. : « En chantier ? Il est même plus qu’en chantier, puisque mon deuxième volume est déjà prêt… et que j’ai, sur mon bureau, la matière suffisante pour en préparer un troisième !

Par choix, je vais rester sur ce format de « nouvelles », qui me donne l’occasion d’aborder nombre de sujets différents, autour de plein de personnages différents..

Mais le côté « mystère », et le côté « inexplicable » restent présents au sein de chacun de mes textes. Ce qui m’importe, c’est de pouvoir faire réfléchir le lecteur, pour lui donner l’envie de pouvoir continuer l’histoire à sa façon… Qu’il se l’approprie, en quelque sorte…

Concernant « Histoires courtes pas ordinaires », je n’ai pas encore de retours depuis qu’il est sorti en librairie, en juin dernier ( 2024 ). Mais toutes les personnes de mon entourage qui ont pu le lire – parents comme amis – m’ont tous rapporté leur témoignage de satisfaction, et aussi de forts encouragements à poursuivre ma route !

Une couverture d’ouvrage enrichie encore par un cliché de son mari…

Beaucoup ont souligé aussi une certaine forme de frustation, quand ils ont été obligés de « quitter le personnage » à la fin de l’histoire…

Un mot, si vous le permettez, sur la couverture du livre. J’ai choisi la photo parmi les nombreux clichés que prend aujourd’hui mon mari Didier.

J’ai ainsi assouvi mon idée de pouvoir associer nos envies dans cet ouvrage. C’était très important pour moi… »

It : « Comment vous sentez-vous, sur ce chemin ? »

D.D. : « Je ne me sens pas du tout « écrivain » ! Peut-être parce que j’ai toujours raconté des histoires, comme je vous l’ai dit… Mais j’aurais réussi mon pari en présentant ces textes dont je suis fière dans une édition de qualité et sur du beau papier. Une belle satisfaction…

Quant à ma passion ? Elle n’est pas prête de s’éteindre !

Propos recueillis le vendredi 27 décembre 2024.

« Histoires courtes pas ordinaires »

Dany Desnoyer

Editions Baudelaire ( Lyon )

A commander auprès de « La Nouvelle Librairie Baume » ou à la FNAC

Crédits photos : Didier Desnoyer, M.M

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