Pauline Gauna

Pauline Gauna

Un métier au coeur de l’humain….

Native de la banlieue parisienne, Pauline Gauna a bâti sa route dans l’univers des « seniors ».

Depuis janvier 2018, elle fait partie du Groupe Domitys, au sein duquel elle est aujourd’hui « Directrice Support Opérationnel »…

Itinéraires 26 : « Pauline, comment ce parcours va-t-il débuter ? »

Pauline Gauna : « Mon histoire professionnelle va commencer en octobre 2008, dans la ville de Vaison-la-Romaine. Là, à tout juste 26 ans, j’étais la Directrice-Adjointe d’un EHPAD de la chaîne Orpéa.

Cette « mission » a duré deux ans… et puis, je vais me rapprocher de la ville de Montélimar, où Orpéa ouvrait une nouvelle structure, « La Clairière ».

Je vais en prendre la direction d’entrée, et je vais m’efforcer de développer l’établissement pendant un peu plus de sept ans…

Car après ces sept années, un « chasseur de têtes », intervenant pour le Groupe Domitys, va me repérer… et va m’inciter à changer de voie.

Je vais donner une suite favorable à ce contact, car, d’entrée, le poste pour lequel on venait me solliciter était sur un secteur régional.

Mon poste ? Directrice Support Opérationnel… mais, à ce moment-là, un D.S.O, ça bouge beaucoup, en « réponse aux urgences » – ce qui implique de très fréquents déplacements…

Chez Domitys, cette année-là, se créent les Régions. Il y en aura huit. Et, pour ces huit Régions, nous étions, au départ, 3 D.S.O.

Ce chiffre a, bien sûr, évolué avec le temps. Aujourd’hui, nous sommes 8.

Mais à l’origine, on pouvait définir mon secteur comme le « grand quart Sud-Est ».

It. 26 : « Et votre métier a sûrement, aujourd’hui, évolué ? »

P.G. : « Oui, bien sûr. Le métier a bien évolué, comme tout le Groupe Domitys. Nous gérons aujourd’hui environ 200 établissements sur toute la France, dont 23 sur mon secteur propre.

Comme je vous le disais, lorsque j’ai débuté, le métier de D.S.O pouvait facilement s’apparenter à celui de « pompier ». Nous intervenions lorsque un directeur, ou une directrice, avait besoin d’aide, ou était simplement absent… En fait, nous assurions l’intérim.

Aujourd’hui, toujours en tant que D.S.O, j’assure tout le pilotage régional de mon secteur, en appui de mon Directeur de Région.

Mon rôle maintenant, comme son nom peut le laisser penser, est plus centré sur la montée en compétence des directeurs de résidences, mais aussi sur tous les aspects, sur tous les métiers qui peuvent se retrouver dans la gestion d’une Résidence Services Seniors…

La différence entre un EHPAD et une Résidence Services Seniors ? Eh bien, ces dernières ne sont pas des établissements médicalisés… Elles s’apparentent à des prises en charge des personnes, comme au domicile… »

It. 26 : « Un mot sur les EHPAD. Ils viennent de connaître la tourmente. Que pouvez-vous en dire ? »

P.G. : « Alors… je rappelle que c’est un domaine que j’ai quitté, maintenant, depuis quelques années…

Néanmoins, j’aimerais apporter ma vision commentée, issue de ma propre expérience.

Si, sans doutes, des problèmes réels et importants ont pu voir le jour en France, j’ai trouvé dommage qu’on ne braque les feux de l’actualité que sur cela.

Que les choses soient bien claires : dans mes prpos, je ne renie rien de ce qui a pu être avancé. Mais je pense déjà que cette situation ne doit pas être présentée comme « générale ».

Car, dans les faits, chaque individualité – chaque directeur – va gérer sa structure avec ses seules convictions. Et ça peut faire de grandes différences d’un établissement à l’autre !

Je vais vous citer un chiffre, qui va peut-être vous surprendre : sur les quelques 7 500 établissements existants – en secteurs public ou privé – qui sont en activité aujourd’hui en France, les problématiques dévoilées notamment dans le livre de Victor Castanet n’ont, en fait, concerné que 55 établissements…

Évidemment que ce chiffre est encore énorme. Mais je crois que cette mise en lumière aura provoqué une vague de rejet sur ce secteur particulier qui, par ailleurs – et j’ai l’occasion de le vivre tous les jours – nous fait rencontrer des personnels investis, engagés, et à l’écoute.

Et si, ici ou là, on peut parfois se rendre compte que certains ne sont « pas à leur place » au sein de telles résidences, d’abord cela reste à la marge, et puis on met fin rapidement à ce genre de situation. »

It. 26 : « Votre Groupe a t-il été impacté par cette vague ? »

P.G. : « Non. D’abord pour la simple raison – je vous le redis – que le Groupe gère des Résidences Services Seniors et non pas des EHPAD.

Sur ce simple plan, nous avons été épargnés par le livre de Vincent Castanet.

Je voudrais rappeler aussi que, de nos jours, les violences faites aux personnes âgées sont, en nombre, beaucoup plus fréquentes dans le milieu familial !

Malheureusement, beaucoup ne font pas la part des choses. Dans la réalité, on ne peut pas cacher que c’est le secteur dans son ensemble qui aura été impacté.

Avec plus ou moins d’importance.

Nous n’aurons pas échappé totalement à cela. Pourtant, je peux vous assurer qu’une personne accueillie chez nous pourra rencontrer avant tout la bienveillance, la sécurité, la prévention… et aussi un lien social fort !

Chez Domitys, les personnes peuvent être accueillies dès leur soixantième anniversaire. Et sachez que, pour la majorité de nos résidents, c’est leur choix d’être là, et uniquement leur choix… »

It. 26 : « Quelle évolution voyez-vous poindre, dans le futur ? »

P.G. : « Plus le temps va passer, et plus le profil de nos résidents va changer. Nous allons entrer bientôt – et, pour certains, nous y sommes déjà – dans une génération beaucoup plus habituée aux nouvelles technologies, et, par là même, beaucoup plus informées que les générations passées…

Il en découle que ces personnes sont beaucoup plus à l’écoute de leur bien-être. Comme je vous l’ai dit, cela commence à se ressentir. Je le vois déjà.

Dans mon métier, dans tout ce que je peux apporter aux autres, je me réalise pleinement. Oui, c’est un domaine très énergivore, mais je redis avec force que, dans son immense majorité, c’est un secteur d’activité humainement riche et passionnant. Et c’est ainsi que cela doit être….

Propos recueillis le vendredi 11 avril 2025.

Dont acte. Il était normal que certaines pendules soient remises à l’heure. Et que certaines dérives soient stoppées.

Mais, pour connaître Pauline dans son activité depuis quelques années, on peut être assurés que, accueillis par des personnes de sa qualité, nos « seniors » seront dans de très bonnes mains.

Et c’est bien comme cela que ça doit être…

Crédit photo : M.M

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