Une céramiste toute en douceur….

Sa famille se partage entre la Drôme et l’Ardèche. Et si, dans sa vie, elle a connu divers emplois, sans rapport avec le monde artistique, elle a souhaité terminer sa carrière sur une voie plus « poétique », en créant divers objets en mosaïque, comme en céramique… Découverte.
Itinéraires 26 : « Myriam, comment la rencontre avec cette voie se fait-il ? »
Myriam Bouix : « Cela va se faire après mon congé parental – je suis mère de trois enfants. Je vais, à l’occasion d’un reportage, découvrir la mosaïque, et ce que je vais voir va me donner l’envie d’aller plus loin.

J’ai toujours été bricoleuse, et chineuse, notamment pour la maison… alors, j’ai démarré tout doucement l’approche de la mosaïque. Pour elle, j’utilise, comme matière première, des assiettes – le plus souvent – mais aussi d’autres matériaux de récupération…
Est-ce que j’ai reçu une formation ? Oui… mais assez légère. Elle se fera au Centre Social du Teil.

C’est donc plus en totale autodidacte que je vais « avancer » pendant presque trois ans. Puis va arriver le moment où je vais m’équiper d’un four. J’avais dans l’idée, afin d’étoffer mes productions, d’ajouter à mon arc une activité de céramiste, à laquelle je m’étais déjà familiarisée, au Centre Social que je t’ai cité… »
It. 26 : « Tu t’es lancée rapidement ? »
M.B. : « J’ai commencé assez vite, oui, et je vais d’abord choisir de me spécialiser dans les objets de décoration. Je n’ai pas voulu partir dans la création d’objets « utilitaires » car, mais c’est mon point de vue seulement, je craignais que la faïence ne soit un matériau trop fragile. Donc, je ne me « sentais pas »…

J’ai, assez vite aussi, décidé de créer une micro-entreprise, que j’ai baptisée « Rouge Petit Cœur ». Ce nom vient en fait du blog que je tenais, et que beaucoup de personnes connaissaient.
En regard du nom, mes premières pièces seront, bien sûr, orientées autour du coeur, que je vais concevoir sous forme, principalement, de décoration, comme des pendentifs que l’on trouve souvent sur un mur…
Et puis, petit à petit, mes créations se sont enchaînées… avec toujours le souci de conserver une certaine forme de cohérence, par rapport à ce que j’avais créé avant… »

It. 26 : « As-tu TA marque de fabrique ? »
M.B. : « Je n’irai pas jusqu’à dire ça… mais c’est vrai que, dans beaucoup de mes créations, je vais mettre en scène des mots, des phrases… toujours positives, et dont les textes vont nous ramener à l’essentiel…
Je créé aussi ce que j’appelle des « vide-poches » qui, selon leur taille, peuvent aussi servir d’assiettes…
Certaines de mes créations nécessitent l’emploi de moules spécifiques.. mais je dois dire que, pour la plus grande majorité d’entre eux, je fais appel à quelqu’un de proche, dans mon entourage, qui me réalise un nombre important de moules, et aussi de tampons ( qui me servent à apposer du texte sur mes créations… ).
Une matière première importante, cela va être la dentelle, la broderie que je vais chiner ici et là. Ces tissus vont me servir comme bases de travail, car je vais les tendre dans un cadre particulier, puis couler sur eux mon plâtre.

Dans ce plâtre, je vais ensuite « estamper » ma terre sur le moule, et au final, je vais obtenir, sur un seul moulage, divers petits objets qui présenteront chacun un visuel différent… »
It. 26 : « Un travail par étapes… »
M.B. : « Oui, bien sûr. Les objets « estampés », vient un temps de séchage. Qui peut être variable, en fonction des pièces envisagées, mais c’est de l’ordre de quelques jours.
Ensuite, je vais reprendre mes pièces une à une, et je vais les poncer, à la main.
Vient ensuite une première cuisson, à une température un peu au-dessus de 1000°C, et ça va cuire pendant environ une dizaine d’heures.

Ensuite, une fois mes créations cuites, et refroidies, je vais pouvoir passer à un émaillage. Pour la plupart de mes pièces, je vais, à cet effet, utiliser des « jus d’oxydes », qui vont me donner une coloration « à effet d’aquarelle ». Enfin, dans la continuité, je vais les recouvrir d’un émail transparent, que l’on appelle « la couverte ».
Les pièces repartent ensuite en cuisson, pour quelques heures encore… et, pour le résultat final, il faudra attendre que la température du four soit revenue à moins de 100°C. »
It. 26 : « Que dire de ton actualité plus récente ? »
M.B. : « Pour des créations plus récentes, j’ai décidé d’employer du « fil de fer recuit », pour créer des couronnes, des fleurs, ou même de simples mots que l’on apposera, aussi, sur un mur…
Aujourd’hui, je suis « officiellement » à la retraite, mais je ne compte pas m’arrêter pour autant. J’ai en effet envie de transmettre ma passion pour les assiettes anciennes, au travers de la mosaïque.

Et pour ce faire, j’organise, une fois par mois, un atelier spécial dans les locaux de « L’Atelier des Créatrices » au n°72 de la rue Pierre Julien, à Montélimar.
Ces ateliers sont ouverts à tous, mais, pour des raisons pratiques, je limite le nombre de participants à six personnes…

C’est un retour aux sources, en quelque sorte, puisque la mosaïque, je l’ai faite entrer dans ma vie il y a vingt-cinq ans maintenant…
Depuis l’ouverture, c’est-à-dire 2016, on peut me retrouver exclusivement à « L’Atelier des Créatrices ». C’est aujourd’hui le seul lieu que j’ai conservé pour faire découvrir mes créations…. »
Propos recueillis le mercredi 26 mars 2025
Myriam Bouix
Céramique poétique et mosaïque
301, route de Crest
26740 Sauzet
06 26 87 41 80

Crédit photos : M.M









Laisser un commentaire