Clément Doré / Aurélie Barrier

Où se subliment photos et illustrations…

L’endroit, au n° 17 du boulevard du Fust, existe depuis maintenant douze ans. Il a été imaginé, en 2013, par Philippe David et son épouse – vous trouverez son entretien en fin d’article.

Aujourd’hui, une jeune équipe a pris le relais, faisant vivre, avec bonheur, la structure, en la bonifiant chque jour. S’appuyant sur une équipe de photographes ( très ) talentueux, ils « produisent du beau » inlassablement…

Itinéraires 26 : « Clément, vous avez pris la direction de cette belle entreprise. D’où venez-vous ? »

Clément Doré : « Je suis né à Tours, mais j’ai grandi dans le village de Oucques..

Après avoir obtenu mon Bac, je vais partir en Ecole de Commerce, et ce sera à l’E.S.S.C.A d’Angers, où je resterai cinq ans. Un séjour qui m’en augurera plein d’autres, à l’étranger, dont un en Chine, à Shanghaï, de six mois…

Au plan professionnel, après trois années de « tronc commun », je vais me spécialiser en entrepreunariat.

Au sortir de cette Ecole, j’ai monté, avec un collègue des Arts et Métiers, une première entreprise, que nous allons garder deux ans. Dans cet intervalle, nous allons arriver, professionnellement, sur Lyon – en 2016 – où nous sommes toujours basés aujourd’hui.

A Lyon, une nouvelle voie va s’ouvrir pour moi. En premier lieu grâce à ma rencontre avec Aurélie Barrier, qui va devenir ma compagne.. de cœur, mais aussi dans le travail. C’est ensemble, en effet, que nous allons lancer notre société, A.S.A.P, pour Amazing Social Art Profile.

Clément et Aurélie gèrent aujourd’hui une structure de qualité, au service de l’Art..

Le rôle d’Aurélie est primordial : son cursus passe par les Beaux-Arts ( de Dijon ), et elle possède, en plus, un Master de Direction Artistique, qu’elle a obtenu à l’Ecole Bellecour.

Notre société s’est spécialisée dans les affiches illustrées de personnalités icôniques.

Toutes nos créations sont en série limitée, et toutes numérotées. Elles sont destinées à la décoration « pop culture ». Et comme nos « personnalités » sont quasi-exclusivement françaises, il en va de même avec notre clientèle. Une clientèle très éclectique, et de tout âge…

Quant à la distribution de nos produits, elle se fait en « concept stores », sur Lyon comme auprès de nos 150 revendeurs en France… »

It. 26 : « Comment se fait le lien avec « Le Quai », qui existait déjà ? »

C.D. : « A l’occasion de la tenue du Salon « Maison et Objet », qui se tient, en France, deux fois par an dans la cimmune de Villepinte, je vais rencontrer Philippe David, au début de l’année 2023.

Ce sera sa fille, Flora, qui va m’informer qu’il souhaite se retirer de son activité professionnelle, qu’il mène sur Montélimar. « Le Quai », c’était, pour partie, un « show room » de la maison d’édition David & David, que Philippe dirigeait avec sa femme.

Il existait un lien certain entre nos deux activités, quant au fond. Et le même segment de clientèle.

De plus, je connaissais « David & David » de réputation, de collections, et j’étais sensible à leurs produits. L’entreprise était saine, gérée par de bonnes mains…

Un exemple du superbe travail d’Aurélie…

Et au final, écoutant ma toute première impression, quelques mois plus tard – c’est à dire le 01 septembre 2023, je devenais le président de la S.A.S « Maison Crush », devenue aujourd’hui une filiale de l’A.S.A.P… »

It. 26 : « Comment abordez-vous ce nouveau départ ? »

C.D. : « Dès la reprise, l’objectif aura été de bousculer le moins de choses possibles, afin d’assurer la continuité de service et de qualité qui existait déjà. La synergie entre les deux entités s’est construite au fur et à mesure – partage de portefeuilles-clients, optimisation des process de production de logistique…

Au plan de la production pure, peu de choses ont changé, car le process « David & David » est solide. Il aura d’ailleurs permis à l’A.S.A.P de se professionnaliser encore plus !

Aujourd’hui, « Le Quai » est devenu l’atelier de fabrication de l’A.S.A.P et de David & David… »

Responsable d’Atelier à Montélimar, Elisa vous accueille toujours avec le sourire…

It. 26 : « Vous vous êtes, aujourd’hui, encore développés… »

C.D. : « Neuf mois après le rachat de l’activité, nius avons ouvert notre première boutique en propre, dans la Presqu’île de Lyon, que nous avons aussi baptisée « Maison Crush ». Son ouverture date de mai 2024. C’est un « Art Shop » dans lequel nos deux activités ont une place privilégiée, tout comme notre sélection d’objets artistiques…

Les puissantes imprimantes, d’où sortent des merveilles…

Au « Quai », dans l’immédiat, seul le volet « production » est actif, mais nous ne nous interdisons rien, pour l’avenir…

Aujourd’hui, notre Groupe s’articule autour de trois « verticales » : d’abord, l’A.S.A.P où nous diffusons les créations artistiques d’Aurélie, puis « David & David » qui nous permet de « distribuer » une vingtaine d’artistes, principalement des photographes / voyage et quelques illustrateurs.. et donc « Maison Crush », notre boutique artistique « physique ».

La salle d’encadrement…

Mais je ne veux pas oublier, non plus, tous les projets que nous montons, avec nos partenaires architectes d’intérieur, avec lesquels nous réalisons la décoration murale de leurs clients… 

Quant à demain… Notre volonté a toujours été de créer un groupe global dans la décoration artistique. Grâce en partie à de nouvelles marques que nous allons créer.

Et « Maison Crush ».. eh bien nous souhaitons son développement sur bien d’autres villes. Et nous avons bon espoir.

Notre « team » de l’A.S.A.P, aujourd’hui, ce sont cinq personnes : Aurélie, Elisa, Elise, Catherine, et moi.

Aurélie, Elise et moi sommes sur Lyon.

Elisa est notre Responsable d’Atelier sur Montélimar.

Catherine est Responsable de notre « corner » au Bazar de l’Hôtel de Ville, à Paris. »

Elisa Girard : Le sourire, et la compétence, au service du « Quai »…

Elisa Girard est une Montilienne pure souche. Sa formation ? Après un Bac littéraire, qu’elle aura consolidé avec une spécialisation en « arts plastique », elle suivra une « mise à niveau » en Arts Appliqués.

C’est en intégrant l’équipe de « David & David » qu’elle va vraiment se réaliser. Elle rejoint la société en parfaite polyvalente mais, très vite, son caractère volontaire va lui permettre de grandir, et d’évoluer.

Aujourd’hui « Responsable d’Atelier », son rôle, sur Montélimar, est majeur, et consiste à la gestion de toute la chaîne de fabrication – les photos ou les illustrations, le tout sur du format numérique.

E.G. : « La base de mon activité ? Je vais traiter tous les sujets choisis en impression papier sur différents formats – et il y en a au bas mot une dizaine.

Et puis, je vais encadrer l’épreuve, avant de procéder à son expédition, tant au national qu’à l’international.

Je fais aussi un gros travail de « retouches photos », en appui d’Aurélie qui, en amont, « monte » les collections « David & David »…. 

Nos thèmes d’expositions varient, en fonction de plusieurs facteurs. D’abord les voyages que peuvent faire nos artistes-partenaires – une vingtaine en portefeuille, à ce jour – partout autour du monde… mais aussi l’inspiration du moment d’Aurélie, ou encore les tendances déco de l’année…

Je dois dire que j’adore ma fonction… Dans cette partie « retouches photos », je m’épanouis vraiment. Et puis, j’ai maintenant acquis une certaine autonomie, et c’est important.

Le travail en lui-même m’apporte tellement de variété, et d’intérêt, que je n’ai pas l’occasion de m’ennuyer une seconde ! »

Propos recueillis le mardi 05 mars 2025.

Les contacts :

Asåp Creative Studio : www.getmyasap.com

David & David Studio : www.david-david-studio.com

Maison Crush ( adresse postale ) : 1, place Gailleton – 69002 LYON

Comme annoncé en entame de cet article, Itinéraires 26 reproduit ici l’entretien que nous avait accordé Philippe David, le « fondateur » de ce petit bijou montilien.

A la naissance du « Quai » : Philippe David

Philippe David, sans qui « Le Quai » ne serait pas…

Né à Saint-Etienne, il se destinait au graphisme. Et même si sa voie a un peu dévié, il est resté fidèle à son amour de l’Art, qu’il continue de magnifier au « Quai », boulevard du Fust…

Itinéraires 26 : « Depuis toujours, c’est « l’artistique » qui vous appelait…. »

Philippe David : « Je crois bien, oui… Après mon Bac en série D, obtenu à Saint-Etienne, je vais me diriger vers des études de graphisme parce qu’en effet, c’était un domaine qui m’attirait énormément.

Après mon Bac, donc, je suis entré dans une école d’Art à Lyon – une école dans laquelle je rencontrerai mon épouse – où je resterai pendant trois années et dont je sortirai diplômé.

Et puis, un débouché s’est présenté, dans le monde de la publicité, et c’est comme ça que je me lancerai dans la vie active… Pourtant, cette première expérience – c’était dans un studio de création – ne durera pas. Mais, à ce moment-là, on trouvait de l’artisanat d’art dans beaucoup de lieux. Cela nous a interpellés, ma femme et moi, et c’est suite à cette réflexion que nous allons nous lancer, ensemble, dans la création d’objets d’art de toutes sortes, mais avec en principal toute une gamme de luminaires que nous avions bien développée. Pour ça, nous nous étions installés – c’était en 1978 – à Sauzet. Ce fut une période riche de cinq années. Nous touchions les particuliers via les foires, et les professionnels via les salons. Ca tournait. Tout était « fait main » et c’est vrai que la réussite était au rendez-vous… Et nous n’étions que trois !..

Après ces cinq années, est venue notre période « édition », de petites affiches de décoration. Nous faisions beaucoup de reproductions de peintures, notamment, et surtout de celles de mon épouse qui, pour le coup, pouvait laisser s’exprimer son côté artistique. Là encore, l’activité a connu un très fort succès, à tel point qu’elle durera presque vingt-cinq ans.

Nous nous étions installés dans la zone de Fontgrave, à Montboucher, où j’ai très vite créé une fabrique de cadres, puisque j’intervenais déjà dans ces domaines de l’impression et de l’encadrement. Cette boîte s’était bien développée, employant jusqu’à douze personnes. On travaillait beaucoup avec divers salons… Ayant fait nos preuves, nous avons revendu cette activité au début des années deux mille… »

Itinéraires 26 : « Vous arrivez ici. Avec quelle envie ? »

Ph. D. : « En 2013, lorsque nous arrivons dans nos locaux actuels, au 17 boulevard du Fust, l’idée était double.

D’abord, c’était la photographie qui primait, et je veux dire l’édition de photographies. Je crois avoir eu la bonne idée de « prendre la vague » du numérique dès ses balbutiements, et j’ai très vite compris que, dans le cadre de mon travail, le numérique allait me permettre une totale autonomie, ce que jusqu’alors je n’avais pas puisque j’étais toujous entouré d’autres professionnels dont la présence était nécessaire par les techniques que nous employions auparavant.

Notre seconde idée était de créer un lieu, « Le Quai », qui fasse « boutique-déco-cadeaux » mais aussi lieu d’exposition pour nous, comme pour des artistes « extérieurs ». mais cette activité ne perdurera pas, car le premier volet de notre projet a pris une telle ampleur que nous n’avions pas le temps matériel nécessaire pour mener les deux de front. Nous avons, quand même, gardé notre fidélité au festival de photographie qui est organisé chaque année par l’association Présence(s), dont la prochaine édition aura lieu du 27 mai au 18 juin prochains ( 2023, ndlr )… »

Itinéraires 26 : « Comment définiriez-vous votre activité aujourd’hui ? »

Ph. D. : « Ici, vous êtes dans un studio de création, en premier lieu photographique. Nous faisons des photos, nous-mêmes ou d’autres photographes associés, photos qui, en post-production, sont retravaillées, grâce à des logiciels spéciaux jusqu’au résultat souhaité, que nous imprimons alors sous forme d’affiches.

Une fois toutes les retouches nécessaires apportées, les « affiches » sont imprimées, par des machines à jet d’encre, spécifiques pour ce style d’impression, qui peuvent nous sortir des formats allant jusqu’à 44 pouces de largeur – soit 1,10 mètre. La qualité d’impression est encore plus qu’excellente, certaines de nos encres ont une durée de vie de plus de 75 ans sans altération… Et chaque machine nous en offre une palette de douze différentes. En fin d’atelier, nous avons un espace « finition-encadrement-emballage », c’est le domaine d’Elisa Girard…. »

Itinéraires 26 : « Qui touchez vous ? »

Ph. D. : « Le gros de notre clientèle est constitué par des magasins de décoration, par des market-places. Sur Paris, notre collaboratrice Immacolata Melillo tient pour nous l’espace que nous avons ouvert au sein du B.H.V. Et puis, bien sûr, depuis dix ans, notre site Internet est en place, un site conçu par la société « Clerc et Net » qui fait du très bon boulot. Je reviens à « Présence(s) ».. ce sera cette année le dixième anniversaire. Nous exposerons ici Ben Capponi, un artiste qui s’est fait connaître grâce à ses sténoppées, mais qui présentera là des photos nées d’une technique tout à fait différente. Il sera bien accueilli, au « Quai ». J’ai la chance d’y être entouré par une très belle équipe…. »

Propos recueillis en avril 2023

Crédit photos : M.M

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