Marie-Joëlle Carles

Une profession qui mériterait un peu plus de reconnaissance….

Au n°28 de l’avenue d’Aygu, à Montélimar, dans l’immeuble « Monte-Carlo », elle est installée depuis treize ans maintenant. Son métier ? Elle est pédicure-podologue, dans un cabinet qu’elle partage avec sa consoeur, Laetitia Gribet.

Découverte de ce métier si important, qui ne serait pas contre une meilleure renommée….

Itinéraires 26 : « Pédicure.. podologue.. quelle différence ? »

Marie-Joëlle Carles : « Disons que « pédicure-podologue », c’est le titre officiel, dès lors que vous êtes apte à pratiquer.

Les études, pour mémoire, se font en écoles privées – mais, pour la plupart, rattachées à des universités – et elles durent trois ans.

Alors, pourquoi deux termes si proches ? Déjà, il faut savoir qu’il n’y a pas si longtemps en arrière, seul le diplôme de « pédicure » existait. Avant que ne s’y greffe la fonction de podologue.

Pour faire court, la pédicurie va englober tous les soins que l’on peut apporter à nos pieds, et la podologie concernera plutôt les petits appareillages…

En ce qui me concerne, j’ai fait mon école à Toulouse. J’ai obtenu mon diplôme en 1992.

Je suis née à Montpellier, mais je suis issue d’un berceau aveyronnais solide…

Au départ, je voulais suivre des études en pharmacologie, mais, malheureusement, je devrais changer mon fusil d’épaule. Partir dans de longues études ne me tentait pas vraiment… Il s’est trouvé que, pendant cette période, j’ai eu à faire avec une pédicure, qui avait, en plus, un parcours personnel assez semblable au mien.

Grâce à elle, j’ai pu approfondir les arcanes de ce métier, dont, c’est vrai, je connaissais déjà les grandes lignes…

Au final, cette rencontre s’avèrera déterminante, puisque, grâce à elle, je vais m’engager dans cette voie.

Mais je tenais à rester dans le domaine du paramédical. Apporter du soin… s’occuper du bien-être des personnes.. ça a toujours fait partie de moi.

J’ai donc passé le concours en 1989, que j’ai réussi, et puis.. direction Toulouse où je resterai trois ans, donc. Ce qui m’a plu ? Sans doute l’opportunité de pouvoir mettre en pratique tout de suite ce que l’on apprenait en cours… »

It. 26 : « A la sortie de l’école, vous vous installez tout de suite ? »

M-J. C. : « Mon diplôme en poche, j’ai quand même pris le temps de me marier et, comme mon mari travaillait à Millau, dans l’Aveyron, c’est dans cette ville qu’en 1993, je vais ouvrir mon premier cabinet, qui sera très vite suivi par une seconde ouverture, à Séverac-le-Château.

L’activité est venue progressivement – j’étais en plein milieu rural – mais elle s’est quand même bien développée. Ne perdez pas de vue que c’était une création, et non une reprise d’activité…

En l’an 2000, toujours en fonction du travail de mon mari, nous arrivons à Bourg-Saint-Andéol, en Ardèche, où j’ai pu faire des remplacements pendant deux ans.

Et en 2003, j’ouvre mon premier cabinet à Montélimar, rue Malaréac… avant d’arriver, dix ans plus tard, là où je suis aujourd’hui, au « Monte-Carlo »… »

It. 26 : « Si vous deviez décrire votre travail… »

M-J. C. : « Bien évidemment, la majeure partie de notre travail réside dans divers soins. Comme la coupe des ongles, l’enlèvement des durillons ou des cors, le traitement des ongles incarnés, les verrues…

Ces soins « pratiques » se doublent de tout un rôle de conseil, notamment dans le domaine du chaussage, mais aussi dans des conseils plus pointus, en direction des personnes « à risques », comme les personnes souffrant de diabète. Et le fait que les soins donnés à ce type de population aient été – enfin – pris en charge par la Sécurité Sociale ( depuis une grosse dizaine d’années ) nous a permis un fort développement de notre activité.

Concernant l’âge de ma clientèle, si la moyenne est, bien sûr, assez élevée, j’ai pu constater que de plus en plus de personnes jeunes viennent nous voir, autant par nécéssité que par confort.

Il m’est arrivé aussi de m’occuper d’enfants, parfois très jeunes ( deux mois ) mais cela reste rare, mais sinon, c’est une tranche d’âge que je traite beaucoup pour les verrues et les ongles incarnés.

A vrai dire, on rencontre plus les enfants pour les petits appareillages. Et, en vous disant cela, je pense aux semelles orthopédiques.

Je ne vais pas ici entrer trop dans le détail, mais il existe de nombreuses pathologies concernant les pieds.

Saviez-vous que nous naissons, quasi tous, avec les pieds plats ? Notre rôle est d’aider – lorsque cela ne se produit pas d’une façon naturelle – le pied à trouver sa cambrure normale.

Qui apparaît, chez tout individu normalement, entre 2 et 4 ans.

Avec ce type de semelle, on va agir sur la posture de la personne. Et pour ce faire, je vais travailler en collaboration avec d’autres professionnels de santé, comme les ostéopathes, par exemple.

Car, depuis toujours, les pédicures-podologues sont « cantonnés » aux pieds et rien qu’aux pieds. Nous n’intervenons pas au-dessus de la cheville… ce qui est, à mon sens, une aberration. Tout le corps est relié, en réalité…

Mais cela vous explique le pourquoi de telles collaborations.. qui peuvent être aussi conclues, parfois, avec des ophtalmologues, des dentistes, ou des kinés… »

It. 26 : «  Et outre les semelles ?.. »

M-J. C. : « Ensuite, on trouve ce que l’on appelle les « orthoplasties ». Ce sont de petits appareillages en silicone, que l’on va positionner, en règle générale, entre les doigts de pied, et qui sont destinés à redresser les orteils, ou bien à protéger certaines zones de frottement.

Il y a également les « orthonyxies », qui sont des petits appareillages spécifiques pour redresser les ongles, ceux qui ont tendance à s’incurver un peu trop, favorisant ainsi les apparitions d’ongles incarnés.

Cet appareillage va faire en sorte de ramener l’ongle à un degré normal de courbure…

Je précise que ces deux types d’appareillages ne sont, actuellement, pas remboursés… »

It. 26 : « Pensez-vous que votre métier a le renom qu’il mérite ? »

M-J. C. : « A mon avis, cette profession est très mal connue, et peu reconnue. Les écoles, aujourd’hui, ont du mal à recruter, et nous qui sommes installés, nous rencontrons beaucoup de difficultés pour nous faire remplacer…

Pourtant, et dans de nombreux cas, notre profession est primordiale. Nous avons évoqué, tout à l’heure, les personnes diabétiques, mais nous soulageons aussi toutes les personnes atteintes de polyarthrites, ou dans d’autres cas comme les cors, qui peuvent s’avérer très douloureux.

Lorsqu’un cor, ou un durillon, se développe sous le pied, non seulement nous faisons disparaître le mal, mais en plus, nous participons à la prévention d’une éventuelle chute, surtout chez les personnes âgées…

C’est pour tout cela que, pour le futur, je souhaite vraiment que la profession puisse asseoir encore plus sa renommée et son utilité.

Ce métier est passionnant, et il nous apporte la satisfaction de pouvoir soulager immédiatement nos clients.

Et puis, « pédicure-podologue » reste la seule profession paramédicale apte aux libres diagnostics… »

Propos recueillis le vendredi 14 février 2025.

Marie-Joëlle Carles

Pédicure-podologue

« Le Monte-Carlo »

28, avenue d’Aygu

26200 MONTELIMAR

04 75 53 70 27

www.podologue-montelimar.fr

Crédit photos : M.M

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