La qualité, dans l’itinérance…
Elle est née à Montélimar. Son visage, aujourd’hui, est connu de nombre de Montiliens. La cause ? Son autoentreprise, « la Rôtisserie », qui rencontre de plus en plus de succès…
Itinéraires 26 : « Elke, vos études ne vous prédestinaient pas à votre activité d’aujourd’hui… »
Elke Frémont : « Oui, c’est vrai, j’étais partie dans un tout autre domaine. J’ai enchaîné trois diplômes, chacun d’entre eux en deux ans, et tous passés à Grenoble. D’abord, ça a été un CAP en Imprimerie, puis ensuite le Bac en « production imprimée », et puis enfin le BTS, toujours dans la même branche.

Après ces six années, je me suis lancée dans la vie active, enchaînant les contrats avec nombre de sociétés, dont un journal… J’ai fait ça pendant quelques années sur Grenoble, et j’étais à ce moment-là à cent lieues de penser à une activité du style de celle que j’ai maintenant.
Dès le début de l’année 2015, cela a été un grand changement de vie. Tout d’abord, je me suis mariée avec ma compagne Roxanne. Et puis… Grenoble, on s’est rendu compte qu’on en avait fait le tour, et nous avons alors décidé de descendre nous installer dans le Sud. Il se trouve que nos familles respectives habitaient déjà ici, à Montélimar et ça a été déterminant pour nous y installer aussi. Roxanne travaillait pour une chaîne de magasins discount, et elle a pu se faire muter ici. Quant à moi, j’ai commencé à travailler pour une grosse boîte d’impression, j’ai ensuite passé divers permis afin d’élargir mes possibilités d’embauche, ce qui m’aura d’ailleurs ouvert les portes d’un poste de chef d’expédition dans un entrepôt.
Mais quelques temps plus tard, je tombais enceinte, et j’ai voulu profiter à fond de cette grossesse. Maël est arrivé en pleine santé et vous imaginez notre joie. Dans le même temps, par le bouche à oreille, nous apprenions que « La Rotisserie » était à vendre… »
It. 26 : « Reprécisez-nous ce qu’est « La Rôtisserie »… »
E.F. : « En fait, La Rôtisserie est un commerce ambulant, un commerce de volailles rôties qui existe sur Montélimar depuis de nombreuses années.

En 2019, pour des raisons personnelles, l’ancienne propriétaire met en vente. Je me suis à nouveau manifestée, ce que j’avais déjà fait avec la propriétaire d’avant, mais les moyens nous manquaient un peu. Mais cette fois, nous avons pu conclure l’affaire. J’ai racheté le camion, tous les équipements allant avec, et je me suis lancée. Pourquoi une telle décision ?
Disons que, pour l’instant, je ne travaille que les samedis et les dimanches, ce qui me permet de profiter de notre fils en semaine. Et puis bien sûr, il y a le fait que je suis ma propre patronne, ce qui n’est pas négligeable. Outre le travail physique, il y a bien sûr tout le côté « gestion », mais j’avais déjà une petite expérience dans ce domaine, mi-scolaire mais aussi mi-professionnelle, du temps où je travaillais comme chef d’expédition, et je m’y suis mise très vite. La Rotisserie a toujours été un commerce de volailles, autant que je m’en souvienne. Et depuis trois ans, je continue cette tradition, au niveau du 3 de la rue Paul Loubet… »
It.26 : « Faites-vous attention à votre approvisionnement ? »
E.F. : « Bien sûr. Je suis en circuit « relativement court » puisque toutes mes volailles proviennent d’un élevage qui est situé en Ardéche, à Félines plus précisément, pas le village drômois mais bien l’ardéchois, dans le nord du département. Je récupère chaque semaine mes volailles au magasin Metro, dans la zone sud, où mon fournisseur me les livre.
Tous les poulets que je vends sont issus d’un élevage en extérieur. Avec deux versions différentes, toutefois : c’est soit le poulet « fermier », le plus gros, qui a grandi au minimum 90 jours dehors après sa maturité, et puis le poulet « certifié », le standard, qui, lui, est à 60 jours dehors. Il est plus petit, et moins lourd que le fermier. C’est de l’ordre de 400g de différence environ.
Quant à mes ventes pures… eh bien aucun des deux ne l’emporte, je vends les deux sortes à la même cadence.

La grosse saison, c’est plutôt de septembre à avril. Le reste du temps nous permet de travailler, bien sûr, mais à un rythme moins soutenu. Cela se voit à mes commandes. En pleine saison, je commande cent poulets par semaine, un chiffre qui tombe à soixante-dix en saison basse.
Pour accompagner les volailles, ce commerce proposait des pommes de terre rôties. Je les ai conservées, j’ai gardé ce marché avec un producteur de Manas. Et nous avons rajouté, depuis deux ans, les haricots verts… »
It.26 : « La situation économique vous a-t-elle pénalisée ? »
E.F. : « Forcément, cela a eu un impact sur mon commerce, comme sur beaucoup d’autres, d’ailleurs… Depuis avril 2023, le poulet a pris 3 € de plus au kilo. Il a fallu revoir mes tarifs, mais je n’ai pas souhaité, sciemment, appliquer le tarif que j’aurais dû mettre en place pour faire face à cette augmentation. Par respect pour ma clientèle, j’ai préféré opter pour une diminution de ma propre marge, de telle sorte que l’on puisse toujours trouver sur Montélimar des poulets rôtis qui ne soient pas hors de prix.
Ah, je précise aussi que je me déplace, sur la ville et à 30 kms aux alentours pour tout ce qui est évènementiel. Mariages, baptêmes voire même séminaires pour les entreprises. Une autre facette très enrichissante…
D’ailleurs, depuis que j’ai mis en place cette partie d’activité, je reconnais que ça a bien pris. Du mois de mai, jusqu’au mois d’octobre, j’assure une moyenne de deux évènements par mois.
Le plus souvent, c’est bien sûr à l’occasion d’un mariage. Mais cela peut être aussi pour les « after », comme les « lendemains » de mariage : c’est parfois plus commode pour des personnes qui ont fait la fête de faire appel à un professionnel pour un bon repas chaud sans avoir pour autant à le préparer ! »
It.26 : « Ce système de commerce itinérant vous convient-il, et pourquoi ? »
E.F. : « Oui. Et définitivement oui ! Ce genre de commerce offre un aspect « familial » – quoi qu’on en pense – très important. Ma clientèle, aujourd’hui, et pour une part importante, est une clientèle de fidèles. Que, bien évidemment, je m »efforce de faire grandir encore…
Concernant les rapports avec la clientèle, j’estime que ma façon de fonctionner privilégie les rapports simples et directs. Les plus sains, quoi…
Le fait de travailler dans un « camion » donne, de plus, une liberté totale car, en théorie, je peux bouger où je l’entends, étant bien entendu qu’on ne s’installe pas non plus où l’on veut : nos emplacements sont déterminés avec les mairies concernées.
Mais je peux aussi « me poser » sur le terrain d’un particulier, si j’ai trouvé un accord avec lui… »

It.26 : « Vous avez étendu votre carte à une autre volaille… »
E.F. : « C’est vrai. A la pintade. Mais c’est seulement sur commande. Je pense que, sur Montélimar, je dois être la seule à proposer ce type de volaille cuite en rôtissoire. J’ai choisi la pintade, évidemment en premier lieu, pour son goût, plus prononcé que celui du poulet. Et c’est une idée qui méritait d’être mise en place, puisque depuis que je propose cette volaille à ma clientèle, il en part au minimum deux, chaque week-end.
Tout comme mes poulets, ces pintades proviennent de l’élevage en plein air dans lequel je prends mes poulets, en Ardèche.
Ce sont toutes des pintades fermières, de belles bêtes qui font au moins 1,500 kg. »
It.26 : « Si vous en aviez l’opportunité, reviendriez-vous à un commerce « traditionnel » ? »
E.F. : « Non. Je n’y pense même pas ! Et d’abord par nature ! Car je suis quelqu’un qui aime le grand air, et qui, surtout, n’aime pas être enfermée ! Quant aux caprices du temps – qui pourraient peut-être en décourager certains – je dois dire que, sur ce plan-là aussi, je m’y suis bien habituée. Et j’ai, dans mon camion, de quoi protéger efficacement volailles et légumes contre tout dérèglement du temps…
Donc, vous l’avez compris, tenir un commerce « en dur », ce n’est pas pour moi… »
It.26 : « Avez-vous opté pour d’autres évolutions, dans les produits que vous proposez ? »
E.F. : « Disons d’abord que, en regard de la petite gamme que je propose, depuis le début de mon activité, je ne souhaite pas « me développer à outrance », parce que je n’ai pas envie de me perdre dans plein de produits…
Mais.. depuis un an, je propose à la vente, en plus, les cuisses de poulet seules ( hauts de cuisses + pilons ). J’ai pris cette initiative pour répondre à une demande spécifique qui m’était faite, le plus souvent, par des personnes seules.
Et, pour éviter tout gaspillage, je m’approvisionne en « cuisses seules » auprès du même fournisseur ardéchois de Félines…. »
Contact au : 06 73 38 62 62
Propos recueillis le jeudi 16 janvier 2025.
Crédit photos : M.M









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