Virgile Chautard

Virgile Chautard

Natif de Montélimar, il exerce aujourd’hui – et depuis vingt ans – un métier passionnant et relativement rare, surtout dans la région : il est scaphandrier…

Virgile Chautard

Spécialiste en plongée hyperbare…

Cette activité.. c’était un rêve ?

Je ne dirai pas ça, non. En réalité, j’ai commencé mon cursus professionnel dans la voie du génie mécanique. Une route que j’ai suivie d’abord au Lycée des Catalins, et puis à Saint-André au Teil. Et non, je n’avais encore aucune idée précise sur ce quoi cette route allait déboucher, mais, pour un emploi qui ne devait être que saisonnier, j’ai été embauché par l’entreprise Fargier, du Teil, dont l’activité principale était la chaudronnerie, mais aussi certains travaux sub-aquatiques. Pour le coup, c’était vraiment des travaux très particuliers, et c’est ça qui m’a plu. Un travail assez simple, mais que l’on réalisait dans des conditions vraiment très spéciales. Des travaux que j’ai continué depuis, sous l’eau comme dans l’air, puisque je suis devenu aussi « cordiste ». Tout ceci s’acquiert grâce à des habilitations spécifiques, que j’ai moi-même obtenues à l’Institut National de Plongée Professionnelle de Marseille – pour le côté aquatique – et via le Greta de Die, et par la société CAN-Formation de Mirmande, pour le côté « cordiste »..

Ma dernière habiliattion est toute fraîche, elle date de 2023, mais mon certificat d’aptitudes hyperbares, je le possède depuis 2001.

Qu’est-ce qui vous a attiré le plus, dans ce métier particulier ?

En premier lieu, j’ai beaucoup aimé la aprtie « technique » – je parle là du matériel. Et puis aussi le fait que nous sommes sans arrêt obligés d’adapter notre travail à la mission qui nous est donnée. Si on pourrait penser qu’une certaine similarité peut exister dans ce que nous faisons, en réalité chacune de nos missions est bien spécifique, en fonction de plusieurs facteurs, comme la nature même de l’intervention, ou la nature du site sur lequel nous intervenons, qui peut être une écluse, un barrage, voire un barrage de haute montagne – où les conditions d’intervention sont spéciales. Quant à nos missions ? Ce sont beaucoup de travaux d’inspection, car vous imaginez bien que les barrages sont des structures très surveillées.. et puis des contrôles, des contrôles qui se réalisent, pour certains, chaque année, pour d’autres une fois tous les dix ans..

En 2001 donc, j’ai commencé à traaviller.. avec beaucoup de plaisir car je me suis vite rendu compte que cela correspondait vraiment à mes aspirations. Je resterai dans cette société pendant une vingtaine d’années, les derniers temps en tant qu’associé avec mes deux frères Michael et Cédric. Et puis, en 2023, j’ai pris la décision de créer ma propre structure.. soutenu par mon épouse Morgane qui, malgré un travail d’infirmière libérale très prenant m’aide beaucoup…

Où êtes-vous installé ?

Ma société, « Aquatech » est située dans le quartier des Combes à Montélimar. Elle est toute jeune, car j’ai monté son dossier tout récemment, en grande partie grâce à l’association Initiative Portes de Provence, qui m’a définitivement « adoubé » en décembre dernier. Sur le travail en lui-même ? Je ne me fais pas de soucis outre mesure, d’abord parce que c’est un métier que je maîtrise maintenant depuis longtemps, et puis parce que le créneau sur lequel j’évolue est relativement rare dans notre région. Toutefois, même si cette activité est bien spécifique, il y aura toujours du grain à moudre pour nous, y compris dans la vallée du Rhône. Du reste, nous travaillons aussi pour le compte des sociétés d’eaux, comme la SAUR ou le Groupe SUEZ. Dès le début du mois de juillet prochain, j’espère être matériellement au point pour pouvoir rattaquer mon activité en plein…

Quelles interventions particulières avez-vous pu réaliser déjà ?

Dans ce type de mission, je peux vous citer d’abord les « accidents fluviaux », comme celui qui avait impliqué deux barges sur le Rhône, au début des années 2000… il y a aussi, malheureusement, la recherche de corps humains – des recherches qui nous sont directement commandées par le Parquet. J’en ai réalisé deux, dans ma vie pour l’instant, et je vous garantis que ce n’est pas facile, surtout si c’est un enfant qu’on vous demande de rechercher..

Et puis, il y a toute la partie « cordiste » de ma profession, qui occupe, je dirais, un gros tiers de mon activité. Pour celle-ci, comme pour la partie « scaphandrier », c’est beaucoup de travail de contrôle sur barrage, et dans les usines hydroélectriques. Oui, bien sûr, j’ai déjà eu l’occasion de travailler pour la Centrale de Cruas, et je pense d’ailleurs que j’aurais sans doute l’occasion d’y retourner..

Quels sont vos atouts ?

Pour « redémarrer » mon activité, je sais que je peux tabler sur la carte de visite que je me suis faite depuis maintenant vingt ans. Ma clientèle ? Je dirais qu’elle est régionale, disons sur un axe entre Lyon et Port-Saint-Louis. C’est la Compagnie Nationale du Rhône qui gère cet axe, et c’est l’un de mes plus gros clients. Et je ne m’interdis pas non plus de pouvoir intervenir hors de ces limites géographiques.

Dans l’immédiat, comme je vous l’ai dit, mon épouse et moi-même nous nous partageons le travail – elle, pour le côté administratif et moi sur le terrain. Pour m’aider, comme c’est monnaie courante dans notre profession, je vais commencer par m’entourer d’intérimaires, deux au minimum puisque une mission, dans notre profession, c’est un minima de trois personnes ensemble. Et je ne désespère pas de me constituer très vite une équipe fixe, pour donner le meilleur de nous-mêmes…

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